16 avril 2008
L'UDF est la réponse, mais quelle est la question ?
Le bureau mis en place le 30 novembre 2007 dans le but de garantir "les intérêts juridiques, matériels, moraux, les idées et les valeurs de l'UDF" se réunit ce mercredi. Plusieurs de ses membres (les sénateurs Michel Mercier et Jean Arthuis, le parlementaire européen Thierry Cornillet) aimeraient en effet "faire revivre l'UDF".
Juridiquement, le parti de centre droit créé en 1978 existe, certes, toujours. Mais, depuis le congrès de Villepinte, le 30 novembre 2007, l'UDF est devenue "membre fondateur" du Mouvement démocrate et n’est plus qu'une coquille vide. La motion votée à l'époque est explicite : "À dater du 1er décembre 2007, tout adhérent de l'UDF est adhérent du Mouvement démocrate. L'UDF délègue aux instances du Mouvement démocrate la responsabilité de l'action et de l'expression communes. Les autres instances nationales et locales de l'UDF s'intègrent aux instances correspondantes du Mouvement démocrate."
L'enjeu n'est en fait pas la renaissance de l'UDF mais l'organisation des ex-UDF dans la majorité. Deux partis sont issus l'année dernière de l'UDF :
- le Mouvement Démocrate (MoDem) de François Bayrou qui se situe dans l'opposition à la majorité présidentielle de Nicolas Sarkozy
- le Nouveau centre qui participe à la majorité présidentielle de Nicolas Sarkozy
L'ambiguïté avait toutefois été maintenue au Sénat, le Groupe Union centriste-UDF ayant conservé son unité sous la présidence de Michel Mercier.
Or Michel Mercier, Jean Arthuis (président de la commission des finances du Sénat) et leurs amis entendent aujourd'hui affirmer leur appartenance à la majorité ...sans adhérer au Nouveau centre. Plus que le Mouvement Démocrate (MoDem) - car a priori la décision du dernier congrès de l'UDF est sans ambiguïté - c'est donc le Nouveau centre qui joue gros.
De deux choses l'une. Soit le Nouveau centre parvient à s'affirmer dans la majorité comme le pôle de rassemblement des ex-UDF de la majorité (ce que les ex-UDF de l'UMP, comme Pierre Méhaignerie, ne voient pas d'un bon oeil). Soit le Nouveau centre ne devient qu'un pôle parmi d'autres des ex-UDF de la majorité, aux côtés d'Avenir démocrate (qui compte trois parlementaires européens : Jean-Marie Cavada, Janelly Fourtou, Claire Gibault) et de l'Union centriste (Michel Mercier, Jean Arthuis, Jo Kerguéris, etc.). Sans en être réellement une, l'Union centriste était d'ailleurs juridiquement considérée comme une composante à part entière de l'UDF (aux côtés du Parti radical, du Parti populaire pour la démocratie française, de Force démocrate et jusqu'en 1998 de Démocratie libérale).
Quant à la question du financement public, seul l'UDF-MoDem (étiquette utilisée en juin 2007 par 530 candidats) en bénéficie directement. Pas plus le Nouveau centre que l'Union centriste n'ont en effet présenté des candidats ayant obtenu chacun au moins 1% des suffrages exprimés dans au moins cinquante circonscriptions. Le Nouveau centre, qui a loupé de peu le coche, a donc été contraint de passer une convention avec un parti qui, lui, bénéficie de la première fraction du financement public (le Fetia Api). Ainsi le veut la loi sur le financement des partis politiques, qui fige de fait pendant la durée d'une législature le paysage politique. Réduisant d'éventuelles partis dissidents au régime sec jusqu'aux élections législatives suivantes. Le RPF de Charles Pasqua (ex-RPR) et le MNR de Bruno Mégret (ex-FN) ont avaient déjà fait les frais en leur temps.
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02 décembre 2007
Il y a centre et centre...
Avec la création, ce week-end, du Mouvement démocrate (MoDem), François Bayrou a achevé sa mutation centriste. Toutes les ambiguïtés sont en effet en passe d'être levées : l'UDF de centre droit est morte. Vive le MoDem centriste !
Une des difficultés pour le commentateur de cet évènement vient de l'utilisation abusive de l'étiquette "centriste" pour qualifier, depuis 1978, l'UDF.
L'UDF n'a jamais eu un positionnement centriste, c'est-à-dire à équidistance de la droite et de la gauche. L'UDF a toujours eu un positionnement de centre droit, s'alliant exclusivement avec la droite. Et, personnellement, j'ai toujours pris soin, même si la facilité me dictait le contraire, de ne jamais qualifier dans mes articles l'UDF de centriste.
Dès lors, le successeur de l'UDF est plus le Nouveau Centre, de centre droit, que le MoDem, centriste.
Cette utilisation abusive de l'étiquette centriste pour qualifier l'UDF explique pourquoi le député Thierry Benoît (ex-UDF, ni MoDem ni - pour l'instant - Nouveau Centre) et le sénateur Jean Arthuis (ex-UDF, MoDem) continuent à militer pour des retrouvailles entre tous les "centristes" : ceux de l'UMP, du Parti Radical (associé à l'UMP), du Nouveau Centre et du MoDem. "Centristes", cela signifie, pour eux, ex-UDF. Mais c'est ne pas comprendre la démarche de François Bayrou. Véritablement centriste, elle...
18:50 Publié dans > UMP, UDF, Nouveau Centre | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : france, politique, bayrou, centre, udf, modem
01 décembre 2007
L'UDF dit "au revoir" à la vie politique
Dirigé depuis près de dix ans par François Bayrou, le parti créé en 1978 par Valéry Giscard d'Estaing a choisi de disparaître au profit du Mouvement démocrate
L'UDF semblait jusque-là avoir été douée de régénération, cette capacité que possèdent certains êtres vivants à se reconstituer après une amputation. Car l'UDF de 2007 n'était déjà plus qu'un morceau de ce que représentait l'UDF de 1978. Ce qui n'avait pas empêché ce parti de demeurer, malgré les scissions, un acteur incontournable du paysage politique. Le congrès extraordinaire qui se déroulait hier à Villepinte (Seine-Saint-Denis) a clos définitivement ce chapitre de l'histoire politique française. Sans surprise, les participants ont voté une résolution prévoyant son absorption par le Mouvement démocrate (MoDem), qui tient dans la foulée, aujourd'hui et demain, son congrès fondateur. Même si, afin de geler l'utilisation du nom, l'UDF conservera pendant trois ans une existence juridique.
Tout est parti, entre 1976 et 1978, de la volonté de Valéry Giscard d'Estaing de contrebalancer le poids du RPR de Jacques Chirac en coordonnant les autres composantes de sa majorité. En 1978, l'Union pour la démocratie française (UDF) naît donc en tant que confédération de partis issus principalement de trois familles politiques historiquement opposées. L'ancien centre d'inspiration démocrate-chrétienne, avec Jean Lecanuet (décédé en 1993), André Diligent (décédé en 2002), René Monory ou Jean-Marie Vanlerenberghe, toujours sénateur Union centriste-UDF du Pas-de-Calais. L'aile droite du centre républicain radical, autour de Jean-Jacques Servan-Schreiber (décédé en 2006), Didier Bariani et André Rossinot. Et la droite libérale, avec Valéry Giscard d'Estaing lui-même, Roger Chinaud ou Bernard Lehideux, actuel parlementaire européenne UDF-MoDem.
Durant vingt ans, à droite, un double équilibre s'établit alors à l'Assemblée nationale. D'une part un bipartisme UDF-RPR. D'autre part, au sein de l'UDF, une répartition relativement stable entre 1978 et 1997 : les libéraux du Parti républicain représentaient la moitié des députés, le Centre des démocrates sociaux (CDS) un tiers, les autres composantes se partageant le reste. Tout semblait pouvoir continuer longtemps ainsi. Sauf que, en 1988 puis en 1995, l'UDF n'a pas été en mesure de présenter de candidat à l'élection présidentielle. Certes, en 1988, elle soutient Raymond Barre, qui en est apparenté. Mais en 1995 elle se trouve réduite à trancher entre deux candidats issus du RPR, Édouard Balladur et Jacques Chirac.
Cette situation, un homme ne l'accepte pas. C'est François Bayrou. Il n'a alors qu'une obsession : mettre l'UDF en situation de présenter un candidat et de remporter l'élection présidentielle. Dans son esprit, ce candidat c'est bien entendu ...François Bayrou. En 1998, l'UDF se trouve toutefois amputée de son aile libérale. Présidée par Alain Madelin, Démocratie libérale (ex-Parti républicain) quitte la confédération. L'équilibre créé en 1978 est rompu, même si une vingtaine de personnalités libérales restent à l'UDF (François Léotard, Gérard Longuet, Gilles de Robien, François Sauvadet...). L'UDF est morte, vive la nouvelle UDF ! C'est cette rupture qui va en effet permettre à François Bayrou de prendre la présidence du parti et de poursuivre son unification. Avec en ligne de mire l'élection présidentielle de 2002...
Cette année-là, François Bayrou obtient 6,84% des suffrages exprimés. L'UDF connaît cependant une nouvelle dissidence : la majorité de ses élus, dont une partie avait soutenu Jacques Chirac dès le premier tour, participe à la création de l'UMP (Philippe Douste-Blazy, Pierre Méhaignerie, Gérard Longuet, Hervé de Charette, Pierre-André Wiltzer, le Parti radical...). Aux élections législatives, l'UDF n'est plus que l'ombre d'elle-même avec un groupe parlementaire de 29 députés. Contre 113 en 1997, puis 82 après la scission de Démocratie libérale.
À l'époque, l'UDF s'est toutefois maintenue autour d'une ambiguïté qui a resurgi lors de la dernière élection présidentielle. Pour certains, il s'agissait de refuser le monopartisme à droite et au centre droit en maintenant l'UDF. Telle était la ligne de Gilles de Robien et celle des députés qui ont rompu avec François Bayrou pour créer, dans le contexte des dernières élections législatives, le Nouveau Centre (Hervé Morin, François Sauvadet, André Santini...). Disposant d'un groupe parlementaire, alors que François Bayrou et Jean Lassalle siègent désormais parmi les députés non-inscrits, le Nouveau Centre aspire à prendre la succession de l'UDF au centre droit. Pour François Bayrou, en revanche, l'objectif demeure l'élection présidentielle et la stratégie centriste qu'il a adoptée dans cette perspective, à équidistance de l'UMP et du PS. Une stratégie qui passe dorénavant par la création d'un nouveau parti : le Mouvement démocrate (MoDem). Après avoir obtenu 18,57% à l'élection présidentielle, François Bayrou dispose enfin d'une machine militante créée par et pour lui.
Laurent de Boissieu
© La Croix, 30/11/2007 (version mise à jour)
Pour aller plus loin :
19:25 Publié dans > MoDem, > UMP, UDF, Nouveau Centre | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : france, politique, bayrou, centre, udf, modem
19 juin 2007
Bayrou, isolé mais content
Avant l'élection présidentielle, François Bayrou présidait le troisième parti de l'Assemblée nationale en effectifs, disposant de son propre groupe parlementaire, ce qui lui offrait une tribune et des moyens financiers et matériels. Il préside désormais le sixième parti dans l'Assemblée nationale élue dimanche, derrière l'UMP (319), le PS (191), le Nouveau Centre (21), le PCF (16 et un apparenté) et le PRG (8). Avec cinq élus, le MoDem est en outre loin des vingt élus nécessaires pour constituer un groupe parlementaire.
Dimanche soir, depuis sa circonscription des Pyrénées-Atlantiques, François Bayrou a toutefois trouvé des sujets de satisfaction. Tout d'abord, sa réélection, avec 61,21 % des suffrages exprimés contre 55,58% en 2002. Ensuite, celle de son ami Jean Lassalle dans la seule triangulaire du second tour, face aux candidats de l'UMP et du PS. Au total, sur les sept circonscriptions où le MoDem était au second tour, cinq candidats du nouveau parti ont été élus. Dans le détail, la situation est toutefois plus complexe. Deux d'entre eux, Jean-Christophe Lagarde (Seine-Saint-Denis, 5e) et Thierry Benoît (Ille-et-Vilaine, 6e), bien qu'investis par le MoDem, ont fait campagne sous une autre étiquette et semblent très proches du Nouveau Centre de la majorité présidentielle. Avec 21 élus, ce dernier réussit son pari : succéder à l'UDF au centre droit en formant un groupe parlementaire allié mais distinct de l'UMP.
Le cinquième élu du MoDem est Abdoulatifou Aly, membre du courant Force de l'alternance du Mouvement départementaliste mahorais. Il a rejoint le MoDem entre les deux tours des législatives, le parti de François Bayrou ayant originellement investi Daroussi Zainadini, non qualifié au second tour, membre d'un autre courant du Mouvement départementaliste mahorais. Enfin, les deux candidats du MoDem battus au second tour sont Élisabeth Doineau (48,20% dans la 2e circonscription de la Mayenne) et Jean-Marie Cavada (45,77% dans la 1re circonscription du Val-de-Marne).
"Nous allons représenter à l'Assemblée nationale tous ceux qui en sont injustement écartés, a expliqué François Bayrou. Qui ont leur place et à qui le mode de scrutin ne donne pas la représentation à laquelle auraient droit tous les citoyens français. Nous allons représenter ce pluralisme et cette diversité pour trouver un jour un meilleur équilibre dans notre pays." En réalité, seuls les partis extrémistes (FN, LO, LCR) ne sont pas représentés à l'Assemblée nationale. Quoi qu'il en soit, François Bayrou entend donc plus que jamais "construire" le "grand courant politique dont la France a besoin" : "On voit ce soir qu'il peut gagner, y compris au scrutin majoritaire, a-t-il ajouté. Il gagnera d'autant mieux quand les scrutins seront plus justes." En vigueur aux élections législatives, le scrutin uninominal majoritaire à deux tours est en effet le pire pour une force politique souhaitant incarner une troisième voie indépendante des blocs de droite et de gauche.
Il n'en reste pas moins que le MoDem a joué dans ces législatives un rôle plus important que le nombre de ses élus peut le laisser penser. En insistant, dans l'entre-deux-tours, sur la "défense du pluralisme", François Bayrou et ses proches ont, de fait, donné un coup de pouce à la gauche. Contrairement à l'UDF, positionnée au centre droit, le MoDem s'arrime donc au centre gauche. Mais il faudra certainement attendre l'entre-deux-tours des prochaines municipales pour savoir si François Bayrou en tirera ou non toutes les conséquences en termes d'alliance.
Laurent de Boissieu
© La Croix, 19/06/2007
09:35 Publié dans > UMP, UDF, Nouveau Centre, élections législatives | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : france, politique, élections, législatives, modem, bayrou, udf
14 juin 2007
Géographie électorale
quelques cartes sur l'élection présidentielle :
l'évolution du vote d'extrême droite :
http://francepolitique.free.fr/PFN3.htm
l'évolution du vote communiste :
http://francepolitique.free.fr/PPCF3.htm
le vote Bayrou en 2002 et 2007 comparés au vote Lecanuet en 1965 :
http://francepolitique.free.fr/centre.htm
15:00 Publié dans > PCF, LO, LCR, extrême gauche, > UMP, UDF, Nouveau Centre, élection présidentielle, politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : france, politique, élections, présidentielle, pcf, udf, bayrou
13 juin 2007
Les candidats du MoDem adoptent des positions divergentes pour le second tour

Comme dans l'entre-deux-tours de l'élection présidentielle, les centristes se trouvent confrontés au choix entre la droite et la gauche, à l'exception bien entendu des six circonscriptions où des candidats du MoDem sont encore en lice. "Nous sommes indépendants, a martelé hier François Bayrou sur RTL. Il n'y a pas besoin de négociation avec le Parti socialiste. Il n'y a pas besoin de négociation avec l'UMP." Ajoutant, comme le 25 avril dernier : "Je ne donnerai pas de consigne de vote."
Autant il avait laissé entendre durant la campagne présidentielle que la balance penchait en faveur de Ségolène Royal ("Je ne voterai pas pour Sarkozy"), autant se garde-t-il bien, aujourd'hui, de marquer sa préférence pour l'un ou l'autre bloc. "Je n'ai pas rappelé Ségolène Royal", a-t-il ainsi indiqué à propos du message que lui a laissé, lundi, l'ex-candidate. "Non pas par manque de respect mais pour éviter toute ambiguïté, a-t-il expliqué. Parce que, évidemment, si j'avais appelé Ségolène Royal (...), on aurait cru que j'entamais un processus destiné à faire en sorte que le PS et le MoDem se retrouvent pour cette élection." La décision, hier, de l'UMP de retirer son candidat face à François Bayrou dans la 2e circonscription des Pyrénées-Atlantiques, ne l'a pas non plus incité à se rapprocher de ses anciens alliés de droite.
Localement, les candidats du MoDem éliminés ont adopté des positions divergentes. Il y a, d'abord, ceux qui, comme François Bayrou, se positionnent à équidistance de la droite et de la gauche. "Les électeurs ont voté pour moi parce que je suis indépendant et responsable, je les considère eux aussi comme responsables et indépendants, souligne ainsi Jean-François Pernin (Paris, 8e circonscription). Je leur laisse donc la liberté de vote pour le second tour."
Il y a, ensuite, ceux qui adoptent une attitude proche de celle de François Bayrou à la présidentielle : pas de consigne de vote, mais un penchant pour la gauche. "Je sais que les électeurs qui ont choisi les candidats du MoDem exerceront leur jugement pour choisir leur futur député en fonction des deux critères qui me paraissent les plus justes : la personnalité des candidats et la défense du pluralisme", plaide Marielle de Sarnez (Paris, 11e). L'expression "défense du pluralisme" permettant au MoDem et au PS de marquer leur préférence réciproque face à un candidat UMP. Lundi, le premier secrétaire du PS, François Hollande, avait déjà appelé les électeurs de son parti à "favoriser le pluralisme" dans les trois circonscriptions où l'UMP et le MoDem s'affrontent.
Dans l'Isère, le MoDem a, en outre, appelé "à faire battre tout candidat condamné par la justice", ce qui vise l'ancien maire de Grenoble Alain Carignon (UMP). D'autres candidats sont allés plus loin, comme l'ancien ministre Azouz Begag (Rhône, 3e) ou l'ex-PRG Richard Morales (Rhône, 6e), qui ont appelé à voter pour le candidat PS.
Enfin, il y a ceux qui, au contraire, voteront UMP. "Dans le respect du choix de chacun, nous appelons pour notre part à un rassemblement autour du candidat de la majorité parlementaire telle que la veulent les Français", indiquent dans un communiqué Thierry Cornillet (Drôme, 2e) et son suppléant, Claude Aurias. Sans donner de consigne de vote, Michel Canévet (Finistère, 7e) précise, lui aussi, qu'il votera "à titre personnel pour la députée sortante UMP", Hélène Tanguy. Michel Canévet est le seul candidat MoDem qui, pouvant se maintenir au second tour, a décidé de se retirer. Dans la même situation en 2002, le candidat UDF s'était alors désisté en faveur de l'UMP.
Outre ces divergences, des critiques ont déjà commencé à se faire entendre au sein du nouveau parti. Didier Bariani, président du groupe UDF-MoDem au Conseil de Paris, et Jean-Christophe Lagarde, qualifié pour le second tour dans la 5e circonscription de Seine-Saint-Denis, reprochant à François Bayrou de s'intéresser trop au centre gauche et de délaisser le centre droit.
Laurent de Boissieu
© La Croix, 13/06/2007
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12 juin 2007
Le MoDem ne parvient pas à enrayer la bipolarisation de la vie politique

Le Mouvement démocrate (MoDem), créé par François Bayrou dans la foulée du premier tour de l'élection présidentielle, savait que son baptême du feu électoral serait un mauvais moment à passer.
D'une part, la logique du scrutin uninominal majoritaire à deux tours induit des alliances pour le second. L'exemple du FN ayant montré qu'il est quasi impossible, sans alliance, pour un tiers parti de faire élire un député en cas de triangulaire.
D'autre part, si François Bayrou est parvenu à se hisser à la troisième place de l'élection présidentielle avec 18,57% des suffrages exprimés, cela ne fait que 15,34% des électeurs inscrits. Or, aux législatives, un candidat doit obtenir 12,5% des inscrits pour se qualifier au second tour. Avec une participation bien moindre qu'au premier tour de la présidentielle (60,42% contre 83,77%), ce seuil est d'autant plus difficile à atteindre.
La situation est toutefois pire que prévu. Au moins, fort des 6,8 millions d'électeurs de François Bayrou à la présidentielle, le MoDem pouvait-il espérer maintenir la pression en se qualifiant pour le second tour dans de nombreuses circonscriptions. Peine perdue : de nombreux ténors du MoDem n'ont pas franchi 12,5% des inscrits. À commencer par les parlementaires européens Marielle de Sarnez (11,91% dans la 11e circonscription de Paris) et Bernard Lehideux (9,02%, 8e des Hauts-de-Seine) ou les députés sortants Anne-Marie Comparini (10,08%, 1re du Rhône) et Gilles Artigues (11,14%, 1re de la Loire).
Avec 37,25% des suffrages exprimés, François Bayrou devance dans la 2e circonscription des Pyrénées-Atlantiques les candidats UMP (Jean-Pierre Marine, 25,92%) et PS (Marie-Pierre Cabanne, 23,32%). Sur le papier, le MoDem peut participer à deux autres triangulaires. Dans la 7e circonscription du Finistère, Michel Canévet a toutefois annoncé son retrait sans donner de consigne de vote. Reste donc la 4e circonscription des Pyrénées-Atlantiques, où Jean Lassalle a été distancé par l'UMP (Hervé Lucbereilh, 31,36%) mais devance le PS (Jean-Pierre Domecq, 19,86%). En 2002, il avait été élu après le retrait de l'UMP.
Dans trois autres circonscriptions, le candidat MoDem affrontera au second tour l'UMP : Jean-Marie Cavada (22,27%) face à Henri Plagnol (44,40%) dans la 1re du Val-de-Marne, Thierry Benoît (20,21%) face à Marie-Thérèse Boisseau (37,25%) dans la 6e d'Ille-et-Vilaine, et Élisabeth Doineau (19,35%) face à Marc Bernier (43,26%, avec une bonne réserve de voix à droite) dans la 2e de la Mayenne. Il y a enfin le cas particulier de Jean-Christophe Lagarde, dont l'étiquette MoDem ne figurait pas sur les documents électoraux. Avec 45,95 %, le maire de Drancy est en ballottage favorable dans la 5e circonscription de Seine-Saint-Denis face au PCF (Abdel Sadi, 20,28%).
Même si Ségolène Royal a laissé un message téléphonique à François Bayrou, François Hollande a exclu, hier, de retirer son candidat face à Jean Lassalle. Pour les trois duels UMP-MoDem, le premier secrétaire du PS a toutefois appelé les électeurs de son parti à "favoriser le pluralisme". En clair : à voter MoDem. Symétriquement, l'ancien premier ministre Jean-Pierre Raffarin et le secrétaire général délégué de l'UMP, Patrick Devedjian, ont affirmé, hier également, vouloir "tendre la main" à François Bayrou.
Reste à savoir quelle sera, entre les deux tours, l'attitude des candidats du MoDem.
Laurent de Boissieu
© La Croix, 11-12/06/2007
10:00 Publié dans > UMP, UDF, Nouveau Centre, élections législatives | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : france, politique, bayrou, udf, modem
08 juin 2007
Au centre, deux partis se disputent les électeurs

Une page s'est tournée dans l'histoire politique française. Depuis 1978, la droite était constituée de deux pôles. D'un côté, les chiraquiens du RPR. De l'autre, l'UDF, giscardienne à sa création, puis successivement barriste (1988), balladurienne (1995) et bayrouiste (2002). Déjà affaiblie par une scission en 1998 (Alain Madelin et Démocratie libérale) et par la dissidence de nombreux élus en 2002 (Pierre Méhaignerie, Jacques Barrot, Philippe Douste-Blazy, Hervé de Charette), l'UDF n'aura pas survécu à l'élection de Nicolas Sarkozy à la présidence de la République.
Tout s'est joué dans la semaine suivant le second tour de la présidentielle. Le 9 mai, 22 des 24 députés UDF qui avaient voté pour Nicolas Sarkozy au second tour signent, dans Le Figaro, une tribune intitulée "Pour un centre libre dans la majorité présidentielle". "Tout en conservant notre autonomie au Parlement, et sans intégrer l'UMP, nous inscrivons sans hésitation notre démarche dans la majorité présidentielle qui se dessine", écrivent les signataires.
Le lendemain, François Bayrou convoque un conseil national de l'UDF. À une très large majorité, les conseillers nationaux approuvent la création du Mouvement démocrate. "Je ne quitterai pas l'allégeance de l'un pour me réfugier dans celle de l'autre", affirme François Bayrou, l'homme qui a progressivement détaché le centre de la droite. Un positionnement qui vaut au nouveau parti l'adhésion du parti écologiste CAP 21, créé par l'ancienne ministre Corinne Lepage, et de dissidents des Verts comme Jean-Luc Bennahmias, ancien secrétaire national du parti (1997-2001), ou Danièle Auffray, adjointe au maire de Paris. Finalement, le MoDem investit 545 candidats aux élections législatives (sur 577 circonscriptions).
Parallèlement, Hervé Morin, président du groupe UDF dans l'Assemblée nationale sortante et nouveau ministre de la défense, parvient, pour la date limite du 18 mai, à présenter 80 candidats sous l'étiquette provisoire "Parti social libéral européen", en mobilisant parfois des collaborateurs, des amis et des membres de sa famille. Pour bénéficier du financement public, un parti doit en effet présenter des candidats ayant obtenu chacun au moins 1% des suffrages exprimés dans au moins 50 circonscriptions, le montant de l'aide dépendant ensuite du nombre de voix obtenues au premier tour des législatives et du nombre de parlementaires. Le 29 mai, Hervé Morin, entouré de François Sauvadet et d'André Santini, annonce officiellement la création d'un nouveau parti : le Nouveau Centre. En ne parvenant toutefois à réunir que 17 députés UDF sortants soutenant la majorité présidentielle.
Finalement, le centre est actuellement composé de toute une palette allant des ex-UDF investis par l'UMP (Pierre-Christophe Baguet) aux ex-UDF investis par le MoDem (François Bayrou), en passant par le Nouveau Centre dans la majorité présidentielle (Hervé Morin), sans oublier la catégorie particulière des candidats du MoDem se réclamant... de la majorité présidentielle (Jean-Loup Metton) ! Une situation qui se clarifiera certainement après les législatives.
Laurent de Boissieu
© La Croix, 08/06/2007
18:00 Publié dans > UMP, UDF, Nouveau Centre, élections législatives | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : france, politique, bayrou, udf, modem
29 mai 2007
Parti Radical
Le centre en France 4/6

Parti Radical
L'UMP abrite en son sein une autre famille centriste : le Parti radical. Cette ancienne composante de l'UDF possède 16 députés sortants (dont une majorité participe également à la sensibilité "Démocrate & populaire"). Le Parti radical est actuellement représenté dans le gouvernement Fillon par Jean-Louis Borloo (coprésident du parti avec André Rossinot), ministre de l'économie, des finances et de l'emploi. C'est moins que dans le gouvernement Villepin, où il avait deux autres représentants (Renaud Dutreil et François Loos).
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Les "centristes" de l'UMP
Le centre en France 3/6

Démocrate & populaire
Une troisième famille centriste est représentée par les "centristes de l'intérieur", c'est-à-dire ceux qui se revendiquent de cette étiquette au sein de l'UMP. Pour la plupart membres de l'UDF avant 2002, ils animent la sensibilité "Démocrate & populaire", à laquelle adhèrent 68 députés sortants mais sans grande homogénéité, puisque s'y côtoient radicaux (Dominique Paillé), gaullistes sociaux (Michel Bouvard, Alain Joyandet), démocrates-chrétiens (Yves Bur, Marc-Philippe Daubresse) et même quelques libéraux purs et durs (Louis Giscard d'Estaing, Hervé Mariton). Représentés dans le gouvernement Villepin de 2005 par Philippe Douste-Blazy (ministre des affaires étrangères), ce sont les grands oubliés du gouvernement Fillon. L'un des leurs, Pierre Méhaignerie, est toutefois secrétaire général de l'UMP.
14:25 Publié dans > UMP, UDF, Nouveau Centre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : france, politique, centre, droite, udf, ump

