16 avril 2008
L'UDF est la réponse, mais quelle est la question ?
Le bureau mis en place le 30 novembre 2007 dans le but de garantir "les intérêts juridiques, matériels, moraux, les idées et les valeurs de l'UDF" se réunit ce mercredi. Plusieurs de ses membres (les sénateurs Michel Mercier et Jean Arthuis, le parlementaire européen Thierry Cornillet) aimeraient en effet "faire revivre l'UDF".
Juridiquement, le parti de centre droit créé en 1978 existe, certes, toujours. Mais, depuis le congrès de Villepinte, le 30 novembre 2007, l'UDF est devenue "membre fondateur" du Mouvement démocrate et n’est plus qu'une coquille vide. La motion votée à l'époque est explicite : "À dater du 1er décembre 2007, tout adhérent de l'UDF est adhérent du Mouvement démocrate. L'UDF délègue aux instances du Mouvement démocrate la responsabilité de l'action et de l'expression communes. Les autres instances nationales et locales de l'UDF s'intègrent aux instances correspondantes du Mouvement démocrate."
L'enjeu n'est en fait pas la renaissance de l'UDF mais l'organisation des ex-UDF dans la majorité. Deux partis sont issus l'année dernière de l'UDF :
- le Mouvement Démocrate (MoDem) de François Bayrou qui se situe dans l'opposition à la majorité présidentielle de Nicolas Sarkozy
- le Nouveau centre qui participe à la majorité présidentielle de Nicolas Sarkozy
L'ambiguïté avait toutefois été maintenue au Sénat, le Groupe Union centriste-UDF ayant conservé son unité sous la présidence de Michel Mercier.
Or Michel Mercier, Jean Arthuis (président de la commission des finances du Sénat) et leurs amis entendent aujourd'hui affirmer leur appartenance à la majorité ...sans adhérer au Nouveau centre. Plus que le Mouvement Démocrate (MoDem) - car a priori la décision du dernier congrès de l'UDF est sans ambiguïté - c'est donc le Nouveau centre qui joue gros.
De deux choses l'une. Soit le Nouveau centre parvient à s'affirmer dans la majorité comme le pôle de rassemblement des ex-UDF de la majorité (ce que les ex-UDF de l'UMP, comme Pierre Méhaignerie, ne voient pas d'un bon oeil). Soit le Nouveau centre ne devient qu'un pôle parmi d'autres des ex-UDF de la majorité, aux côtés d'Avenir démocrate (qui compte trois parlementaires européens : Jean-Marie Cavada, Janelly Fourtou, Claire Gibault) et de l'Union centriste (Michel Mercier, Jean Arthuis, Jo Kerguéris, etc.). Sans en être réellement une, l'Union centriste était d'ailleurs juridiquement considérée comme une composante à part entière de l'UDF (aux côtés du Parti radical, du Parti populaire pour la démocratie française, de Force démocrate et jusqu'en 1998 de Démocratie libérale).
Quant à la question du financement public, seul l'UDF-MoDem (étiquette utilisée en juin 2007 par 530 candidats) en bénéficie directement. Pas plus le Nouveau centre que l'Union centriste n'ont en effet présenté des candidats ayant obtenu chacun au moins 1% des suffrages exprimés dans au moins cinquante circonscriptions. Le Nouveau centre, qui a loupé de peu le coche, a donc été contraint de passer une convention avec un parti qui, lui, bénéficie de la première fraction du financement public (le Fetia Api). Ainsi le veut la loi sur le financement des partis politiques, qui fige de fait pendant la durée d'une législature le paysage politique. Réduisant d'éventuelles partis dissidents au régime sec jusqu'aux élections législatives suivantes. Le RPF de Charles Pasqua (ex-RPR) et le MNR de Bruno Mégret (ex-FN) ont avaient déjà fait les frais en leur temps.
13:40 Publié dans > UMP, UDF, Nouveau Centre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : france, politique, udf, centre, modem nouveau centre
19 mars 2008
Bilan des élections municipales pour le Nouveau centre

Villes conservées par le Nouveau Centre :
- Drancy (1er tour)
- Issy-les-Moulineaux (1er tour)
- Annecy (1er tour)
- Vincennes (1er tour)
- Meudon (1er tour)
- Montrouge (2nd tour)
- Rosny-sous-Bois (1er tour)
Villes gagnées par le Nouveau Centre :
- Châtellerault : PS -> NC (2nd tour)
Villes perdues par le Nouveau Centre :
- Saint-Louis : NC -> PCR (2nd tour)
17:21 Publié dans > UMP, UDF, Nouveau Centre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : france, politique, élections, municipales, nouveau centre
18 mars 2008
Bilan des élections municipales pour les personnalités d'ouverture

Maires réélus :
- Jean-Marie Bockel (Gauche moderne; maire sortant ex-PS) à Mulhouse (Haut-Rhin) au second tour en triangulaire face au PS et au FN
- Roger Didier (divers droite; maire sortant ex-PRG) à Gap (Hautes-Alpes) au second tour en triangulaire face au PS et à une liste DVD
Maires battus :
- Yves Urieta (Gauche moderne apparenté; maire sortant ex-PS) à Pau (Pyrénées-Atlantiques) au second tour en triangulaire face au PS et au MoDem
- Daniel Marsin (Gauche moderne; maire sortant ex-GUSR) aux Abymes (Guadeloupe) au second tour en duel avec le PS
- Jean-Marie Kutner (Gauche moderne; ex-divers gauche) à Schiltigheim (Bas-Rhin) au second tour en triangulaire face à des listes PS-DVE et DVE
11:16 Publié dans > UMP, UDF, Nouveau Centre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : france, politique, élections, municipales, ouverture
MoDem : François Bayrou contesté après l'échec aux municipales

La situation aurait difficilement pu être plus mauvaise pour le Mouvement démocrate au lendemain des élections municipales. Non seulement le parti centriste n'est globalement pas parvenu à se rendre incontournable pour le second tour, mais François Bayrou a aussi été battu de 342 voix à Pau. Sa victoire aurait permis de faire oublier l'échec global. Avec sa défaite, le roi est nu. L'ancien candidat à l'élection présidentielle a été piégé par la droite à Pau. Refuser la main tendue entre les deux tours par l'UMP, c'était risquer la défaite aux municipales. L'accepter, c'était remettre en cause la stratégie présidentielle centriste, à équidistance de la droite et de la gauche, patiemment construite depuis 2002.
Dans ce contexte, la majorité a aussitôt lancé une offensive au centre en pronostiquant la "disparition" politique du président du MoDem. "Le fait que François Bayrou sorte d'une certaine manière du jeu politique aujourd'hui nous donne une responsabilité nouvelle, a argumenté Jean-Pierre Raffarin sur LCI. Nous devons parler à l'électorat centriste". Auréolé de ses prises d'Agen (Jean Dionis) et de Châtellerault (Jean-Pierre Abelin), et en dépit de sa perte de Blois (Nicolas Perruchot), le Nouveau centre d'Hervé Morin a, de son côté, lancé hier un appel aux "déçus de la démarche du MoDem".
François Bayrou, lui, a préféré voir plus que jamais dans les résultats des municipales la nécessité d'un "centre fort". De fait, un seul scrutin permet de recomposer le paysage politique français : l'élection présidentielle au suffrage universel direct. Tout le problème pour François Bayrou est, tant qu'il n'est pas élu à la présidence de la République, d'exister entre deux présidentielles. Or les modes de scrutin à deux tours aux élections municipales, cantonales, régionales et législatives favorisent l'affrontement bloc contre bloc et lamine les tiers partis (bipolarisation). D'ici à la prochaine présidentielle, en 2012, le MoDem devra donc encore subir l'épreuve des élections régionales de 2010. Seule respiration pour le centre : les élections européennes de 2009, à la proportionnelle avec huit grandes circonscriptions interrégionales.
En attendant, François Bayrou devra s'efforcer de garder la cohésion d'ensemble d'un parti dont les nouveaux élus participent désormais dans les conseils municipaux à des alliances à géométrie variable. Dès dimanche soir, le parlementaire européen Thierry Cornillet a ainsi annoncé la création au sein du MoDem d'un "courant résolument de centre droit" et proposant un "partenariat" avec la majorité présidentielle. Un positionnement qui correspond à celui de la majorité des grands élus issus de l'UDF. "Je n'imagine pas rester au sein du MoDem", a même averti, hier, l'ancien ministre Jean Arthuis en demandant une "réunion d'urgence" des instances dirigeantes du MoDem et de l'UDF, qu'il entend "faire revivre". Le 30 novembre dernier, l'UDF avait, en effet, décidé de devenir "membre fondateur du Mouvement démocrate" tout en conservant une existence juridique. Un bureau de vingt-sept membres, où siègent notamment Thierry Cornillet et Jean Arthuis, a alors été nommé afin de garantir "les intérêts juridiques, matériels, moraux, les idées et les valeurs de l'UDF".
Pour mémoire, tous les maires MoDem réélus ou élus dans les villes de plus de 30 000 habitants avaient reçu dès le premier tour l'investiture de l'UMP : Hervé Chevreau à Épinay-sur-Seine, Bruno Joncour à Saint-Brieuc, Alain Cazabonne à Talence, Jean-Marie Vanlerenberghe à Arras, Michel Laugier à Montigny-le-Bretonneux, Didier Borotra à Biarritz et Geneviève Darrieussecq à Mont-de-Marsan. Au total, le MoDem conserve six villes de plus de 30 000 habitants (Épinay-sur-Seine, Saint-Brieuc, Talence, Arras, Montigny-le-Bretonneux, Biarritz), en perd trois (Mamoudzou, Noisy-le-Sec, Anglet) et en gagne une (Mont-de-Marsan). Reste le cas particulier de Mende, où le maire sortant MoDem, Jean-Jacques Delmas, ne se représentait pas et soutenait la liste PS, qui l'a emporté.
Enfin, rares sont les municipalités où son appoint pour le second tour a été décisif. Bien qu'allié entre les deux tours au MoDem, la droite a perdu à Toulouse, Colombes et Vandoeuvre-lès-Nancy, de même que la gauche à Melun et dans le troisième secteur de Marseille. Il n'y a en définitive qu'à Poissy et dans le 1er secteur de Marseille que la gauche semble l'avoir emporté en raison de sa fusion avec le centre. Dans la capitale, Bertrand Delanoë n'a, en revanche, même pas eu besoin de faire appel au MoDem, qui ne conserve qu'un seul conseiller de Paris, Marielle de Sarnez. Contre huit pour le Nouveau centre allié à l'UMP.
Laurent de Boissieu
© La Croix, 18/03/2008
09:50 Publié dans > MoDem, > UMP, UDF, Nouveau Centre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : france, politique, élections, municipales, bayrou, modem
16 mars 2008
Bla bla bla
Résumé de la soirée électorale :
- la gauche : "Les Français ont dit non à la politique de droite, et le gouvernement doit en tenir compte en réorientant sa politique".
- la droite : "Les Français nous disent d'aller plus vite et plus loin dans les réformes, et nous allons tenir compte de ce message".
Sans commentaire.
21:39 Publié dans > PS, PRG, > UMP, UDF, Nouveau Centre, gouvernement, politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : france, politique, élections, municipales
07 mars 2008
UMP : ne pas perdre de très grande ville
8/8 : L'Union pour un Mouvement Populaire (UMP)

Les élections intermédiaires sont rarement favorables à la majorité en place. L'UMP en a déjà fait les frais en 2004, lors des élections cantonales et régionales. Ce qui ne l'a pas empêché, trois ans plus tard, de remporter l'élection présidentielle. Inquiet par la baisse de la cote de popularité de Nicolas Sarkozy dans les sondages, mais rassuré par la hausse de celle de François Fillon, l'UMP espère avant tout ne pas perdre de villes de plus de 200 000 habitants. À Marseille (Jean-Claude Gaudin), Toulouse (Jean-Luc Moudenc, ex-UDF apparenté UMP) et Strasbourg (Fabienne Keller), le maire sortant est menacé. Or c'est à l'aune de la conservation ou de la perte de ces villes que sera jaugée la réussite ou l'échec de l'UMP aux municipales. En 2001, où la droite avait pourtant conquis de nombreuses villes (Strasbourg, Nîmes, Aix-en-Provence, Orléans, Rouen, …), la défaite à Paris et à Lyon avait, en effet, laissé un goût amer d'échec. En contrepartie, peu de villes de plus de 50 000 habitants pourraient a priori basculer à droite : Angers (en alliance avec le MoDem), Tourcoing (avec en toile de fond la majorité au sein de la communauté urbaine de Lille), Belfort (où la gauche est divisée), etc.
Reste pour la majorité une inconnue, ou plutôt, une crainte : l'attitude du MoDem de François Bayrou, et de ses électeurs, entre les deux tours. Enfin, l'UMP espère reprendre après les élections cantonales la présidence de l'Assemblée des Départements de France, perdue en 2004. La droite (y compris quatre MoDem qui dirigent leur département avec l'UMP) compte en effet 49 présidences sortantes de conseil général, contre 51 pour la gauche.
09:55 Publié dans > UMP, UDF, Nouveau Centre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : france, politique, élections, municipales, ump
Les personnalités d'ouverture : survivre au changement d'étiquette politique
5/8 : Les personnalités d'ouverture

Ces derniers mois, Jean-Marie Bockel, fondateur de la Gauche moderne, et Éric Besson, fondateur des Progressistes, étaient en concurrence pour incarner l'ouverture de Nicolas Sarkozy vers la gauche. Les élections municipales ont clarifié la situation : c'est le parti de Jean-Marie Bockel qui s'est imposé comme point de ralliement des candidats de gauche qui franchissent le Rubicon. Éric Besson n'écarte d'ailleurs pas, après les élections, une fusion des deux mouvements. Dans les villes de plus de 30 000 habitants, les têtes de listes issues de l'ouverture se comptent toutefois sur les doigts d'une main et sont presque toutes maires sortants : Jean-Marie Bockel (maire sortant, ex-PS) à Mulhouse (Haut-Rhin), Yves Urieta (maire sortant, ex-PS) à Pau (Pyrénées-Atlantiques), Daniel Marsin (maire sortant, ex-GUSR) aux Abymes (Guadeloupe), Roger Didier (maire sortant, ex-PRG) à Gap (Hautes-Alpes) et Jean-Marie Kutner (ex-divers gauche) à Schiltigheim (Bas-Rhin), où le maire sortant ne se représente pas. Sans oublier Éric Besson (ex-PS) à Donzère (Drôme), commune d'un peu moins de 5 000 habitants. Progressivement, après le ralliement de deux sénateurs des DOM (Daniel Marsin et Georges Othily), la Gauche moderne de Jean-Marie Bockel se structure. Comme pour le MoDem ou le Nouveau centre, les élections locales en constituent une étape obligée.
03:55 Publié dans > UMP, UDF, Nouveau Centre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : france, politique, élections, municipales, ouverture
06 mars 2008
Nouveau Centre : obtenir un maillage d'élus locaux
4/8 : Le Nouveau Centre

Après le cafouillage des élections législatives de 2007, qui a fermé au Nouveau centre l'accès en son nom propre au financement public des partis politiques, ce scrutin constitue le véritable baptême de feu électoral pour la formation créée par les ex-UDF ralliés à la majorité présidentielle de Nicolas Sarkozy. À l'exception de Jean-Luc Rigaut à Annecy (Haute-Savoie), les maires Nouveau centre sortants sont, logiquement, tous soutenus par l'UMP (Drancy, Issy-les-Moulineaux, Blois, Vincennes, Meudon, Montrouge, Rosny-sous-Bois). L'un d'entre eux, le député Nicolas Perruchot à Blois (Loir-et-Cher), qui avait battu de justesse la gauche en 2001, est toutefois particulièrement menacé, surtout en cas d'alliance pour le second tour entre le MoDem et le PS. À l'inverse, dans un contexte national difficile pour la majorité, le Nouveau centre créerait la surprise en emportant, avec le soutien de l'UMP, la mairie d'Agen (Lot-et-Garonne).
Mais les ambitions du parti sont ailleurs. Il s'agit avant tout de profiter de ce rendez-vous électoral pour constituer un maillage d'élus locaux suffisamment crédible pour s'imposer comme le successeur de l'UDF au centre droit. Et ainsi attirer, après les élections, les nombreux ex-UDF qui ne se retrouvent pas dans la stratégie du MoDem de François Bayrou mais qui n'ont pas pour autant rejoint le parti dirigé par Hervé Morin, André Santini et François Sauvadet. Sur les sept maires UDF de villes de plus de 50 000 habitants n'ayant pas rallié l'UMP en 2002, un seul se représente sous la bannière du MoDem (à Épinay-sur-Seine), trois sous celle du Nouveau centre (à Drancy, Issy-les-Moulineaux et Annecy) et trois sont sans étiquette partisane (Toulouse, Amiens et Rouen). Enfin, ces élections ont une grande importance pour le Nouveau centre, s'il entend profiter des élections sénatoriales de septembre prochain pour récupérer à son profit le groupe parlementaire Union centriste-UDF, où les uns et les autres cohabitent toujours.
23:55 Publié dans > UMP, UDF, Nouveau Centre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : france, politique, élections, municipales, nouveau centre
03 mars 2008
Le MoDem bouscule le jeu traditionnel des alliances
Il est encore trop tôt pour savoir s'il ne s'agit que d'une révolte ou d'une véritable révolution dans la vie politique française. Quoi qu'il en soit, la "révolution orange" de François Bayrou a déjà bousculé, pour ces élections municipales, le jeu traditionnel des alliances. Après les élections municipales de 1977 et législatives de 1978, la bipolarisation s'était imposée : au moins au tour décisif, les partis de droite (RPR et UDF) et de gauche (PS et PCF) faisaient bloc.
Si, avant le premier tour, des transfuges d'un camp vers l'autre, éventuellement sous le signe de l'ouverture, ont toujours existé, les alliances à géométrie variable nouées à l'occasion de ces élections par le Mouvement démocrate (MoDem) de François Bayrou sont inédites depuis les années 1970. Avant que le PS, sous l'impulsion de François Mitterrand, ne généralise sa stratégie d'union de la gauche, la SFIO balançait en effet dans ses alliances entre le PCF et le centre d'opposition. Même chose, dorénavant, pour le MoDem, qui oscille entre l'UMP et le PS.
Sur les 18 villes de plus de 150 000 habitants, le MoDem participe ainsi aux listes de cinq maires sortants : deux UMP (Alain Juppé à Bordeaux, Antoine Rufenacht au Havre) et trois PS (Hélène Mandroux à Montpellier, Michel Destot à Grenoble et François Rebsamen à Dijon). Tandis qu'à Angers il soutient la liste UMP, et qu'à Nice son candidat, Hervé Caël, conduit une liste avec le Parti radical de gauche et le Mouvement écologiste indépendant. Ailleurs, le parti de François Bayrou part seul à la bataille au premier tour. Dès lors, se posera pour lui la question du maintien (là où la liste obtient plus de 10% des suffrages exprimés) ou de la fusion avec une autre liste (seuil de 5% des suffrages exprimés). Dans ce dernier cas, tout porte à croire qu'il devrait s'agir le plus souvent de la liste de gauche. Les anciens UDF restés au centre droit ayant lancé leur propre parti, le Nouveau Centre, déjà allié sauf rares exceptions (Bordeaux, Caen, Mérignac, Annecy) à l'UMP.
La question de l'alliance avec le PS se pose également pour le PCF, surtout là où les socialistes se sont rapprochés des centristes. Dans une déclaration adoptée le 8 février dernier, le conseil national du PCF "dénonce les manœuvres d'élus socialistes qui, imaginant leur salut du côté du MoDem, contribuent à la dilution des valeurs et des convictions propres à la gauche". Mais un amendement de la gauche du parti excluant "que les communistes participent à des listes incluant le MoDem, d'une manière ou d'une autre" a été repoussé. À Montpellier et Grenoble, les listes conduites par le PS s'étirent donc du PCF au MoDem. Dans plusieurs villes communistes (Saint-Denis, Vitry-sur-Seine, Aubervilliers...) ou anciennement communistes (Le Havre, Nîmes...), le PS et le PCF partent toutefois désunis à la bataille. Tenté par l'alliance avec le centre, le parti de François Hollande a moins le souci de ménager celui qui était, lors des dernières municipales, un de ses partenaires de la gauche plurielle.
Les deux partis ont, en revanche, trouvé un nouveau soutien, Lutte ouvrière, qui a quitté pour la première fois son isolationnisme révolutionnaire. Le parti d'Arlette Laguiller fait cause commune avec le PCF et le PS dans quelques secteurs de Marseille, à Clermont-Ferrand, Perpignan ou Argenteuil. Tandis qu'il s'est allié avec le seul PCF à Toulon, Angers, Saint-Denis, Vitry-sur-Seine, Aubervilliers, etc.
Enfin, les Verts présentent cette année des listes autonomes dans environ un quart des villes de plus de 50 000 habitants, c'est-à-dire un peu plus qu'en 2001. Outre ses places fortes, comme Paris, Montpellier, Lille et Grenoble (allié avec l'extrême gauche "rouge et verte"), Les Verts se compteront cette fois au premier tour à Strasbourg et à Rennes. Autant d'endroits où ils se trouvent dorénavant en concurrence avec le MoDem pour, éventuellement en ce qui concerne les centristes, former avec le PS une majorité municipale.
Laurent de Boissieu
© La Croix, 03/03/2008
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14 février 2008
Nicolas Sarkozy cherche les moyens de rebondir
Comment rebondir ? Question que se posent tous les hommes politiques lorsqu'ils se trouvent au creux de la vague des sondages, et à laquelle n'échappe pas, aujourd'hui, Nicolas Sarkozy. Ce dernier "s'interroge sur la manière, le cas échéant, de négocier un virage après les municipales", confirme un proche du président de la République. Il y d'ailleurs déjà plusieurs mois que le candidat à la présidence de la République avait, lui-même, anticipé une baisse de sa popularité au premier trimestre 2008, proposant, en vain, d'avancer les élections municipales et cantonales au troisième trimestre 2007. Sauf qu'il imaginait un tel revers de l'opinion publique en raison de réformes libérales, selon lui nécessaires même impopulaires, et non de promesses électorales non encore concrétisées (augmentation du pouvoir d'achat) ou des frasques de sa vie privée.
Pour Nicolas Sarkozy, un rebond pourrait s'articuler en trois temps. Tout d'abord, le court terme: les élections municipales des 9 et 16 mars. Dans l'urgence, il s'agit de colmater les brèches en mettant le paquet sur l'électorat traditionnel de droite. Qu'il s'agisse des personnes âgées, avec l'annonce, mercredi dernier, d'une "avance" de 200 euros "à valoir sur les revalorisations à venir" du minimum vieillesse. Ou des professions libérales, à commencer par celles qui sont vent debout contre les propositions du rapport Attali : artisans taxis, notaires, etc. C'est dans ce but que le président de la République a rencontré la semaine dernière, pour les rassurer, des chauffeurs de taxi et leurs organisations représentatives.
Parallèlement, Nicolas Sarkozy a rappelé à l'ordre la majorité. "Il veut que tout le monde soit à l'offensive", explique un des participants aux petits-déjeuners hebdomadaires de la majorité. Le président de la République ne supporte en outre plus la mise en cause, par les députés, de Claude Guéant, secrétaire général de l'Élysée, ou d'Henri Guaino, son conseiller spécial. "S'en prendre à mes collaborateurs, c'est ne pas avoir le courage de s'en prendre à moi, a-t-il tancé. Moi, lorsque j'étais parlementaire, je m'en suis toujours pris directement à Jacques Chirac".
Ensuite, à moyen terme, devrait intervenir un remaniement ministériel. "J'écoute, je lis, j'entends tout ce qui se dit, a-t-il prévenu lors d'un récent conseil des ministres. Après les municipales, je prendrai avec sang-froid les décisions qui s'imposent".
À moyen terme toujours, Nicolas Sarkozy mise sur la présidence française de l'Union européenne, à partir du 1er juillet, pour rebondir. Il a ainsi reproché à l'UMP de ne pas avoir assez célébré son "succès" du traité de Lisbonne. Ce n'est pas un hasard si, dimanche, en pleine tourmente de l'UMP à Neuilly-sur-Seine, ville dont il a été maire de 1983 à 2002, le président de la République a improvisé une allocution pour se féliciter du vote de la loi autorisant la ratification du Traité de Lisbonne. Dans le domaine intérieur, les deux grands chantiers avant l'été sont la réforme des retraites et la réforme des institutions, même si le chef de l'État a renoncé à inscrire dans la Constitution sa pratique présidentialiste. Reste deux autres chantiers plus délicats, car touchant à des piliers de la République : l'instauration de la discrimination positive pour favoriser la diversité raciale et la réforme de la loi de 1905 pour mettre en oeuvre une laïcité "positive".
Enfin, à plus long terme, Nicolas Sarkozy attend les élections de 2010 pour faire oublier celles de 2008. Si les municipales de 2001 avaient été bonnes pour la droite, les régionales de 2004 avaient été catastrophiques, avec seulement deux présidences de conseils régional sur vingt-deux en métropole. Dans ces conditions, "2010 ne peut être qu'un bon rendez-vous électoral" pour la majorité qui "va gagner des régions", pronostique un dirigeant de l'UMP. Un bon tempo pour préparer l'échéance présidentielle de 2012.
Laurent de Boissieu
(une version courte de cet article a été publié dans La Croix de ce matin)
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